Krishna, entouré d'un groupe
de disciples, allait de ville en ville répandre son enseignement :
" Le corps, disait-il, enveloppe de l'âme qui y fait sa demeure, est
une chose finie, mais l'âme qui l'habite est invisible, impondérable
et éternelle."
" Le sort de l'âme après la
mort constitue le mystère des renaissances. Comme les profondeurs du
ciel s'ouvrent aux rayons des étoiles, ainsi les profondeurs de la vie
s'éclairent à la lumière de cette vérité. "
" Quand le corps est dissous,
lorsque la sagesse a le dessus, l'âme s'envole dans les régions de ces
êtres purs qui ont la connaissance du Très-Haut. Lorsque c'est la passion
qui domine, l'âme vient de nouveau habiter parmi ceux qui se sont attachés
aux choses de la terre. De même, l'âme obscurcie par la matière et l'ignorance
est de nouveau attirée par le corps d'êtres irraisonnables "
" Toute renaissance, heureuse
ou malheureuse, est la conséquence des oeuvres pratiquées dans les vies
antérieures. "
" Mais il est un mystère plus
grand encore. Pour parvenir à la perfection, il faut conquérir la science
de l'Unité, qui est au-dessus de la sagesse ; il faut s'élever à l'Être
divin, qui est au-dessus de l'âme et de l'intelligence. Cet être divin
est aussi en chacun de nous "
" Tu portes en toi-même
un ami sublime que tu ne connais pas, car Dieu réside dans l'intérieur
de tout homme, mais peu savent le trouver. L'homme qui fait le sacrifice
de ses désirs et de ses oeuvres à l'Être d'où procèdent les principes
de toutes choses et par qui l'univers a été formé, obtient par ce sacrifice
la perfection, car celui qui trouve en lui-même son bonheur, sa joie,
et en lui-même aussi sa lumière, est un avec Dieu. Or, sachez-le, l'âme
qui a trouvé Dieu est délivrée de la renaissance et de la mort, de la
vieillesse et de la douleur, et boit l'eau de l'immortalité. "
Krishna parlait de sa propre
nature et de sa mission en des termes qu'il est bon de méditer. S'adressant
à ses disciples : " Moi et vous, disait-il, nous avons eu plusieurs
naissances. Les miennes ne sont connues que de moi, mais vous ne connaissez
même pas les vôtres. Quoique je ne sois plus, par ma nature, sujet à
naître ou à mourir, toutes les fois que la vertu décline dans le monde,
et que le vice et l'injustice l'emportent, alors je me rends visible,
et ainsi je me montre d'âge en âge, pour le salut du juste, le châtiment
du méchant et le rétablissement de la vertu.