Le spiritisme
en France
Presque toujours, c'est en
dehors des académies que les expériences spirites ont été tentées en
France, et de là vient sans doute le peu d'attention soutenue qu'on
leur a prêté. De 1850 à 1860, les tables tournantes étaient en faveur
; l'engouement était général, et pas une fête, pas une réunion intime
ne se terminait sans quelques exercices de ce genre. Mais, dans la foule
de ceux qui prenaient part à ces réunions et se divertissaient du phénomène,
combien en est-il qui aient entrevu ses conséquences au point de vue
scientifique et moral, et l'importance des solutions qu'il apportait
à l'humanité ? On se lassa de poser des questions banales aux esprits.
La mode des tables tournantes passa comme passent toutes les modes,
et, après certain procès retentissant, le spiritisme tomba en discrédit.
Ces communications n'ont rien
de surnaturel, puisque les esprits sont des êtres semblables à nous,
soumis comme nous aux lois de la nature et, comme nous, revêtus d'un
corps, plus subtil, il est vrai, plus éthéré que le corps charnel, et
ne tombant sous nos sens que dans des conditions déterminées.
Depuis la mort d'A. Kardec,
le spiritisme a accompli une évolution considérable, en s'assimilant
le fruit des travaux de quarante années. La découverte de la matière
radiante, des rayons cathodiques, les subtiles analyses des savants
anglais et américains sur les corps fluidiques, sur les enveloppes périspritales
ou formes revêtues par les esprits dans leurs apparitions, tous ces
progrès ont ouvert au spiritisme un horizon nouveau.