Les portes
ouvrant sur l'autre monde
Certains lieux
sont plus propices que d'autres à l'observation des fées,
et tout bon chasseur de fées se doit de les connaître.
Ainsi, on s'accorde généralement à reconnaître
que les fées ont une certaine propension à fuir les grandes
agglomérations urbaines au profit de la nature de préférence
sauvage, avec un penchant pour les forêts, les points d'eau (
fontaines, lacs et cascades ), les collines enchantées ainsi
que les jardins.
Ces lieux d'observation
sont toutefois précaires, car les fées n'y sont que de
passage, et n'y demeurent point. Maître Mérindol, en son
Traité de Faërie, insiste sur le fait que les forêts,
les fontaines, les lacs, les collines et autres points stratégiques
sont en réalité moins des lieux de résidence que
des frontières invisibles, des portes
enchantées ouvrant sur l'autre monde.
Inutile donc de
s'attendre à croiser une fée au détour d'une haie
ou à l'orée d'une futaie. Jadis, peut-être, en cet
âge d'or où les gens de Féerie fréquentaient
encore le commun des mortels, il était possible de rencontrer
une belle dame sous un chêne ou près des berges d'un lac.
Mais cette époque est hélas révolue depuis bien
des lustres, et si l'on peut encore, par accident, tomber nez à
nez en pleine forêt avec un nain égaré ou une sarabande
de lutins ou de gnomes en goguette, il y a beau temps que les accortes
jouvencelles ont déserté nos sentines ou les margelles
de nos fontaines. Les contempler est devenu un luxe réservé
à quelques initiés.
Au Moyen Âge, déjà,
ce n'est qu'après moult péripéties que les chevaliers
aventureux rencontraient les fées qui leur étaient promises.
Dans les romans médiévaux inspirés du cycle de
la Table ronde, c'est souvent en poursuivant un gibier fabuleux, blanche
biche, cerf au pelage de neige ou encore sanglier au poil immaculé,
que le fier paladin était conduit, sans le savoir, jusqu'au palais
enchanté où l'attendait la fée dont il était
désormais le prisonnier d'amour. Car voici que
de chasseur, il était devenu gibier, tourmenté
par sa passion pour la belle dame dont il était désormais
l'esclave et le chevalier servant.
Même si
les fées ont largement déserté les forêts
d'aujourd'hui, certaines d'entre elles sont encore présentes
dans les dernières réserves naturelles de fées,
telles que les forêts bretonnes de Huelgoat, Fouesnant ou Brocéliande,
dans les bois anglais du Devon et du Somerset, ou bien encore sur les
landes d'Ecosse et d'Irlande. C'est là que le chasseur de fées
avisé devra porter ses pas.
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Note de eslaria : retenez le bien : qui dit nature ne dit
pas forcément élémentaux. Un arbre, un square ou
même une forêt peuvent être tels des villages déserts.
En fait, le petit peuple a vu son espace d'habitation sans cesse retranché,
au fur et à mesure des progrès technologiques humains.
A nous maintenant de retrouver ces endroits... mais comprenez qu'il
faudra leur prouver nos bonnes intentions -


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